Publication interne

Analyse des expériences vécues par les élèves face aux risques socio-écologiques pendant le confinement lié à la pandémie de Covid-19 : étude de cas portant sur une sélection de collèges au Kenya

Le confinement lié à la pandémie de COVID-19 a imposé des défis sans précédent aux sociétés du monde entier, bouleversant les routines quotidiennes, les économies et les interactions sociales. Les gouvernements ont mis en place diverses mesures de confinement, notamment des mesures de restriction de la circulation, afin d’endiguer la propagation du virus. Si ces mesures étaient indispensables pour la santé publique, elles ont également entraîné des risques socio-écologiques qui ont profondément affecté les individus, en particulier les apprenants, en modifiant leurs expériences éducatives et leur bien-être. Cette étude s’est attachée à explorer les expériences vécues par les apprenants pendant le confinement lié à la pandémie de COVID-19. Cette exploration a mis en lumière la relation multiforme entre les facteurs sociaux, économiques et environnementaux qui ont influencé la vie des élèves. Ainsi, l’objectif principal de cette étude était d’explorer les risques socio-écologiques auxquels les élèves ont été confrontés pendant le confinement lié à la pandémie de COVID-19. L’étude s’articulait autour des objectifs suivants : examiner comment les risques socio-écologiques ont affecté les élèves pendant le confinement lié à la pandémie de COVID-19 dans certaines écoles secondaires du Kenya ; explorer la manière dont les élèves percevaient les risques socio-écologiques vécus pendant cette période ; et analyser les stratégies d’adaptation mises en œuvre par les élèves face aux risques socio-écologiques rencontrés pendant le confinement lié à la pandémie de COVID-19. L’étude s’est appuyée sur la théorie de l’éducation à l’autonomisation de Freire, qui vise notamment à encourager les individus à s’exprimer ouvertement sur leurs besoins et ceux de la communauté. Cette étude a adopté une approche qualitative, un paradigme phénoménologique critique et une approche visuelle participative. Les données ont été recueillies à l’aide de dessins, de récits mémoriels, de « cellphilms », d’entretiens individuels non structurés et d’une discussion de groupe. L’étude a été menée auprès de 26 participants : 3 membres de l’association des parents d’élèves, 3 enseignants et 20 élèves (âgés de 15 à 24 ans) inscrits en 1re et 2e années du secondaire dans des établissements kényans. Les données ont fait l’objet d’une triangulation et d’une analyse thématique. Les résultats ont révélé que les élèves ont été exposés à des risques d’ordre sexuel, familial et criminel pendant le confinement lié à la pandémie ; les élèves ont perçu les risques socio-écologiques subis pendant le confinement lié à la pandémie de COVID-19 comme : une torture psychologique, car ils ont provoqué de la peur et entraîné une instabilité émotionnelle ; dévastateurs pour la vie, car ils ont poussé les élèves à abandonner l’école, à perdre espoir à la suite de maladies contractées ou d’une grossesse, et ont également entraîné des conflits familiaux ; et portant atteinte à l’intégrité des élèves en provoquant honte et culpabilité et en conduisant à la victimisation des élèves concernés. En conséquence, des résultats concrets visant à relever ces défis et à renforcer la résilience au sein des écosystèmes éducatifs ont été obtenus : les apprenants ont en effet développé des capacités d’adaptation face aux crises ainsi que des stratégies d’émancipation en faisant entendre leur voix, en participant à la prise de décision et en gardant espoir en l’avenir. En conclusion, les apprenants ont été confrontés à des risques dans leur environnement socio-écologique pendant le confinement lié à la pandémie de COVID-19, ces risques ayant eu des effets dévastateurs sur leur vie, leurs familles, leurs établissements scolaires et les communautés dans leur ensemble. Il a été recommandé aux parties prenantes de donner la priorité à un accès équitable à la technologie et aux ressources, d’améliorer le soutien en matière de santé mentale et de bien-être, de renforcer les réseaux de soutien social, de mettre en place des stratégies de résilience et d’adaptation, et de favoriser les collaborations de recherche interdisciplinaires afin de relever les défis multiformes auxquels sont confrontés les apprenants en temps de crise, créant ainsi des écosystèmes éducatifs plus inclusifs, résilients et durables.

Publié par : Japheth Noel
Auteur : Yego, Lily | ORCID : https://orcid.org/0000-0003-1576-7784
Institution : Université Moi | Centre : Centre germano-africain de l'Est et du Sud pour la recherche, les méthodologies et la gestion de l'éducation (CERM-ESA)
Directeur(s) de thèse : Susan Kurgat | Ssekamatte, David
Type : Thèses | Doctorat | Anglais
Sujets : Éducation

Date : 2025 | Pages : xviii , 268
Copyright : L'auteur | Licence : Libre accès