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Opportunités de collaboration entre l'université et la communauté pour lutter contre le changement climatique dans le contexte africain : une étude de cas comparative des universités de Ndejje et de Makerere

Les effets néfastes du changement climatique ont rendu nécessaire un élan fort et croissant en faveur de l’engagement université-communauté (UCE) afin de faciliter et de pérenniser les stratégies et pratiques de réduction des émissions de carbone mises en œuvre par les établissements d’enseignement supérieur. La nécessité de prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique repose sur l’adoption par les Nations unies des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. De nombreuses universités africaines ont intégré les connaissances et les programmes relatifs au changement climatique dans l’enseignement et la recherche, mais la littérature sur la « troisième mission » (l’engagement communautaire) fait défaut. Ainsi, cette étude a exploré les points de vue et les perspectives du personnel universitaire et des étudiants concernant les opportunités dont disposent les universités pour mobiliser les communautés afin de traiter les enjeux du changement climatique (connaissances, pratiques d’atténuation et d’adaptation), en particulier dans le contexte africain. L’étude a répondu à quatre questions de recherche : Quelles sont les activités d’engagement communautaire mises en œuvre par les universités étudiées en matière de changement climatique ? Comment les universités étudiées élaborent-elles et coordonnent-elles les programmes d’engagement communautaire en matière d’action contre le changement climatique ? Quelles sont les principales contraintes pesant sur les collaborations entre universités et communautés dans le cadre des efforts visant à lutter contre le changement climatique dans les cas étudiés ? Quelles sont les opportunités susceptibles de renforcer les programmes de la troisième mission axés sur les enjeux du changement climatique au sein des universités étudiées ? En s’appuyant sur l’approche théorique de l’Ubuntu, une méthodologie d’étude de cas comparative qualitative a été adoptée afin de recueillir des données auprès de 42 personnes sélectionnées de manière ciblée, parmi lesquelles figuraient des membres du personnel universitaire, des étudiants inscrits à des programmes liés au changement climatique dans les universités étudiées et des responsables communautaires. Les données ont été recueillies au moyen d’entretiens approfondis semi-structurés avec le personnel universitaire et les responsables communautaires, ainsi que de discussions de groupe avec les étudiants. L’analyse des données a été réalisée à l’aide de la méthode d’analyse thématique de Braun et Clarke (2006), avec le logiciel MAXQDA. Les résultats ont révélé que les deux universités mettent en œuvre des programmes d’engagement en faveur de l’action contre le changement climatique, initiés et menés tant par l’université que par les étudiants, qui comprennent notamment un soutien institutionnel, des programmes de recherche et d’innovation, des activités d’éducation et de sensibilisation au climat, ainsi que des activités de renforcement des capacités. Ces programmes d’engagement sont élaborés et coordonnés grâce à un renforcement stratégique des capacités, à la formulation de cadres d’orientation pour l’engagement et à des partenariats avec des parties prenantes externes. Toutefois, les résultats de l’étude ont mis en évidence divers défis auxquels sont confrontées les unités chargées de la mise en œuvre au sein de ces universités étudiées. Parmi ceux-ci figuraient des contraintes institutionnelles, des obstacles liés aux ressources, la COVID-19 et ses répercussions, ainsi que des mythes et des idées fausses concernant le changement climatique. Les résultats de l’étude ont en outre mis en évidence de nombreuses perspectives d’engagement universitaire pour l’action climatique, telles que l’engagement institutionnel en faveur d’une mobilisation communautaire visant l’atténuation et l’adaptation au changement climatique ; l’intégration des savoirs autochtones sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique dans les programmes universitaires traditionnels et les programmes de collaboration ; la mise à profit des espaces de dialogue traditionnels (Barazas) pour l’engagement universitaire et les voies de sensibilisation ; l’exploitation des savoirs, des expériences et de la contribution des femmes aux pratiques d’atténuation et d’adaptation au changement climatique ; ainsi que l’autonomisation des communautés et la diversification des revenus comme éléments clés pour bâtir des communautés résilientes face au changement climatique. Les conclusions suggèrent que les universités dans le contexte africain devraient garantir l’institutionnalisation de l’UCE grâce à des structures d’engagement formelles et à une priorisation claire de programmes d’engagement inclusifs, financés, transparents et équitables. La conceptualisation, la mise en œuvre et la pérennité des programmes d’éducation au changement climatique dans les établissements d’enseignement supérieur adaptés au contexte africain (en particulier les universités) devraient s’appuyer sur les épistémologies autochtones issues des philosophies africaines comme fondements essentiels.


Publié par : Japheth Noel
Auteur : Mandela, Nelson | ORCID : https://orcid.org/0009-0008-0899-8529
Institution : Université Moi | Centre : Centre germano-africain de l'Est et du Sud pour la recherche, les méthodologies et la gestion de l'éducation (CERM-ESA)
Directeurs de thèse : Kyalo Wambua, Benjamin
Directeur(s) de thèse : Ssekamatte, David
Type : Thèses | Doctorat | Anglais
Thèmes : Éducation, Climat et Environnement

Date : 2025 | Pages : xvi , 389
Copyright : L'auteur | Licence : Libre accès
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